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Numéro 193, juillet 2001 |
CONTENU |
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Ça va
petit, tant que le soleil chauffe mes vieux os, ça va. -
Tu as vu à Marsac. Comme dans les grandes
villes on aime l'art de tous ces artistes qui ont exposé le
dimanche premier juillet, et il y aura une prochaine
exposition fin juillet. -
Tu peux le dire. À Marsac, tu sais, on l'a
aimé le lard, et moi, quand j'avais ton âge, un peu de lard,
tous les matins avant de commencer la journée me faisait grand
bien. -
Tous les matins, tu pratiquais un art, mais
quelle était ta spécialité Papi ? - C'était différent avec chaque saison. Mais ce n'est plus comme avant. La dernière fois que nous avons tué le cochon avec ton père, il n’y en avait qu'un centimètre, alors qu'auparavant, on pouvait en compter plus de dix. -
Pourquoi le cochon était ta spécialité
d'art ? -
Et puis le médecin, il m'a interdit d'en
manger. -
Mais il est fou, il faut t'exprimer, Papi,
laisser exploser ta créativité. -
Petit, je le lui ai bien dit, mais c'est
une vraie tête de lard. -
Tu parles d'une tête d'art, une tête de
cochon plutôt. -
C'est la même chose petit. -
Je préférerais plutôt que mon prof
d'arts plastiques me traite de tête d'art que de tête de
cochon ! -
Parce que vous avez du lard en plastique à
l'école, on vous fait manger vraiment n'importe quoi ! -
Tu me parles toujours de cochon. Mais tu
les peignais, tu les sculptais ? -
Tu emploies de ces mots. Non, je les
pansais* tous les jours avec de bonnes pommes de terre, et du
bon grain, et au mois de janvier, c'était sa fête. On le
saignait pour faire du bon boudin, on buvait de bons canons avec
les voisins. Et nous avions à manger pour toute l'année, du
bon lard. -
Mais Papi moi je ne te parle pas de cochon
mais de l'ART comme artiste. Et le papi malicieux
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